PDV CarlisleC'était une journée de Septembre à Forks. Il pleuvait, il y avait du vent et la température était plutôt frisquette. Du moins pour les humains. Bref, un jour comme les autres dans l'Etat de Washington. Mais pour nous, les Cullen, elle était différente des autres. Pour la simple et bonne raison que, un an exactement auparavant, Renesmée était née. Mi-vampire mi-humaine, c'était la fille de mon propre fils, Edward, et de sa femme, Bella. Bien qu'elle n'ait qu'un an, elle avait la taille et l'intelligence d'une enfant de 4 ans. Elle avait grandi à une vitesse hallucinante., au début. Moins maintenant, mais elle poussait toujours très vite.
- Oh, hé, Carlisle, tu m'écoutes ?
Je relevai la tête. Esmé agitait la main devant mon visage.
- Toujours perdu dans tes pensées, hein ? constata-t-elle en souriant.
Je lui rendis son sourire et me levai.
- Désolé. Je pensais à Nessie.
- Comme nous tous. C'est son anniversaire, aujourd'hui. Tu ferais mieux de descendre, d'ailleurs, sinon Alice va nous étriper.
Je rigolai. Alice adorait organiser des fêtes de ce genre. Nous en avions souvent fait l'expérience avec l'anniversaire de Bella (qui s'était fini en désastre et avait hélas abouti à des événements dramatiques...), la fête organisée après qu'elle, Alice et Edward eurent passé leur bac, et enfin le mariage d'Edward et Bella, qui avait été de loin le plus réussi.
- Très bien, j'arrive !
Je me dirigeai vers la porte, mais mon regard s'étant posé sur le miroir qui me reflétait ainsi qu'Esmé, je m'arrêtai net.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu te remets à rêvasser ? plaisanta ma femme.
- Non, mais tu ne crois quand même pas qu'Alice va me laisser garder ma tenue de travail ?
Esmé inspecta du regard ma chemise bleu ciel et mon jean bleu marine, haussa les épaules et sortit une monstrueuse cravate orange de l'armoire.
- Tu es très beau, comme toujours, ce n'est pas la peine de porter un smoking non plus. Mais mets donc ça, si tu veux paraître plus... euh... habillé, s'esclaffa-t-elle en me lançant la cravate.
- Quoi, tu veux que je porte cette horreur ? grommelai-je en balançant l'accessoire sur le lit. Non merci. Je ne vais pas à un carnaval.
Hilares, nous descendîmes les escaliers. En arrivant dans le salon, je constatai qu'Alice n'y avait pas été mollo sur la déco : il y avait des guirlandes de lumières étendues d'un coin à l'autre de la grande pièce, et les murs étaient presques tous recouverts de papier crépon blanc et bleu. Une odeur fraîche et agréable flottait dans l'air. Elle rappelait l'odeur du sel, de l'iode du bord de mer. Sur une table trônait un énorme gâteau blanc, décoré de coquillages et d'étoiles de mer en sucre. Il était écrit dessus : "Joyeux anniversaire Renesmée ! "
- Superbe, Alice, commentai-je. Tu es une excellente décoratrice.
- Merci ! s'exclama-t-elle, enchantée. Heureuse que ça te plaise ! Et toi, Esmé ?
- C'est magnifique, bien entendu. Tu as choisi le thème de la mer ? ajouta-t-elle en humant l'air.
- Oui. C'est pour Nessie, elle adore la mer. Tu sais, quand Jacob l'emmène à la plage de la Push...
- Ah, d'accord. Et Nessie, où est-elle ? m'enquis-je.
- Là-haut, répondit Alice en désignant le plafond. Rosalie est en train de la coiffer.
- La pauvre, s'esclaffa Bella, qui venait d'entrer à son tour. Heureusement qu'elle aime ça. Je me demande d'ailleurs comment elle fait, ajouta-t-elle en grimaçant.
- Tu sais, Bella, tout le monde n'a pas la phobie des vêtements, contrairement à toi !
- Pfff ! J'appelle ça de la torture, moi.
- N'importe quoi ! Ta fille est plus raisonnable que toi !
- Hum...
- Bon, vous avez fini, vous deux ? grommela quelqu'un en haut des escaliers. Alice, j'aimerais que tu viennes pour la robe de Ness... Renesmée.
- J'arrive tout de suite ! s'exclama Alice en fonçant rejoindre Rosalie tandis que Bella levait les yeux au ciel.
- c'est ton tour dans deux jours, Bella, lui rappelai-je. Tu auras...
- Vingt ans, je sais, grommela l'intéressée. Maintenant que je suis comme vous, ça ne me dérange pas, mais j'espère qu'Alice ne va pas faire une fête comme ça.
Nous rigolâmes, puis nous fûmes interrompus par Jasper, qui surgit dans la pièce par la baie vitrée. des goutelettes de pluie dégoulinaient de ses cheveux.
- Salut ! lança-t-il joyeusement. Je viens d'aller chasser.
- Excellente initiative. Tu devrais te sécher les cheveux et te changer, sinon Alice risque de mordre si elle te voit dans cet état, conseillai-je.
- Je sais me battre, s'esclaffa-t-il. Au fait, qui est invité ?
- Charlie, Sue, les loups-garous, Quil l'ancien, Billy... énuméra Bella.
- Tous les loups-garous seront là ? s'exclama Rosalie en descendant les marches de l'escalier. La maison va empester pendant des siècles ! Heureusement qu'Alice a pensé à parfumer la pièce !
- Rose, la morigéna Esmé. Ne dis pas ça. Tu sais bien que les Quileute sont nos amis...
- Et alors ? ça ne change rien, ils puent toujours autant.
Je soupirai et levai les yeux au ciel. Rosalie était comme ça. Depuis que Jacob s'était imprégné de Renesmée, les Quileute et nous, les Cullen, étions devenus amis, et tout le monde s'entendait bien. Chacun avait le droit d'aller sur le territoire de l'autre. Par exemple, Sam ne m'en tiendrait pas rigueur si j'allais sur la plage de la Push me promener, et il en était de même si un des loups-garous s'aventuraient sur notre territoire. Le traité n'existait plus, en quelques sortes. Mais si un danger venait, genre une horde de nouveaux-nés près à dévaster Forks ou Seattle, Cullen et Quileute seraient alliés, comme nous l'avions été quelques mois auparavant, lorsque les Volturi étaient venus ici en croyant que Renesmée était une enfant immortelle - un tabou chez les vampires. Malgré la paix qui régnait désormais, il y avait toujours quelques exceptions : Rosalie n'appréciait toujours pas les loups-garous (Jacob en particulier), et Leah avait une dent contre nous. Son frère, en revanche, avait développé une amitié surprenante avec Edward.
- Bon, je monte, déclara Jasper.
- Moi aussi, fit Bella. Tu viens, Rose ?
Je les regardai monter les escaliers avec grâce, puis je pris la main d'Esmé et l'entraînai vers le canapé, où je m'assis. Elle s'installa sur mes genoux.
- Il n'y a plus qu'à attendre les invités, dit-elle en s'appuyant contre mon torse.
- Mmmh... oui, marmottai-je en caressant distraitement ses douces boucles caramel.
Nous restâmes un moment ainsi, puis Esmé devina que quelque chose me trottait dans l'esprit. Elle était si compréhensive... que ferais-je sans elle ?
- A quoi penses-tu ? s'enquit-elle.
- A qui, plutôt, la contredis-je.
- Hum... tu te défiles, n'est-ce pas ? fit-elle, amusée.
Je restai silencieux.
- Très bien. Alors, à qui penses-tu ?
- A Charlie. Le père de Bella.
- En quel honneur ?
- Je crois qu'il... soupçonne quelque chose sur notre nature, soupirai-je.
Je pensais souvent à cela. Jacob lui avait montré qu'il était un loup-garou, et lui avait expliqué que "Bella ressemblait plus à Esmé qu'à Renée, aujourd'hui", sans préciser qu'elle était en réalité devenue vampire. Mais Charlie n'était pas bête : il avait remarqué notre beautée inhumaine à nous autres Cullen. Notre paleur surprenante, nos yeux dorés, la grâce avec laquelle nous nous déplacions... Charlie s'était rendu compte que sa fille Bella avait désormais ces caractéristiques. Il avait également remarqué qu'elle ne mangeait pas. Comme aucun autre des Cullen, d'ailleurs. Il ne disait rien, mais il arrivait qu'il pose un regard soupçonneux sur Bella, Edward, moi et Jacob tour à tour.
- C'est possible, lâcha enfin Esmé. Mais même s'il venait à deviner ce que nous sommes, je ne crois pas qu'il le prendrait mal. Après tout, il l'a bien pris, quand il a appris que Jacob est un loup-garou.
- Ce n'est pas ça, le problème. Je sais que Charlie est fort et peux supporter ça. La menace vient d'ailleurs.
- Qu'est-ce que... commença Esmé, déconcertée. Oh ! s'interrompit-elle. Les Volturi...
Soupirant, j'acquiesçai. Que Charlie soit au courant de notre nature ne me dérangerait pas ; mais si les Volturi apprenaient qu'un humain connaissait notre secret, ils n'hésiteraient pas à le tuer...
- Ne t'en fais pas, me rassura Esmé en posant sa douce paume sur ma joue (je fermai les yeux). Il y a peu de chances que Charlie devine la... vérité.
- Bella avait deviné ce que nous sommes, elle, rétorquai-je en rouvrant les yeux.
- Mais Jacob a révélé les légendes Quileute à Bella. Sans cela, elle n'aurait pas pu savoir...
- Charlie fréquente souvent la Push. Il a certainement dû entendre parler des légendes Quileute, sans peut-être y faire attention, argumentai-je.
- Bon, il ne sait pas, pour l'instant, alors inutile d'y penser. On s'inquiétera en temps voulu, conclut-elle.
Je souris et embrassai le sommet de son crâne. J'étais si détendu en compagnie d'Esmé...
Je la laissai ronronner un moment sur mes genoux, puis Edward arriva, flanqué d'Emmett et Jacob. Je me levai aussitôt et posai doucement Esmé par terre avant de passer un bras autour de sa taille.
- Bonjour, Jacob, le saluai-je.
- Salut, Carlisle. Où est Nessie ? s'enquit-il en regardant autour de lui.
- En haut, le renseignai-je. Alice est en train de l'habiller, mais elle devrait avoir fini, je pense.
- Effectivemment, annonça ma fille. Il y a longtemps qu'on a fini, d'ailleurs.
- Ah oui ? Et vous faisiez quoi, alors ? demanda Jasper en surgissant à son tour et en passant ses bras autour d'Alice.
- On discutait, nous informa Rosalie, qui venait d'arriver. Nessie, tu viens ? appela-t-elle en se retournant.
- Oui, oui, fit la voix de ma "petite-fille" (je suis grand-père, halala...).
Renesmée sortit de la salle de bain, et je fus stupéfait. Elle était magnifique. Ses longs cheveux bruns avaient été lavés, brossés, et ils étaient coiffés de manière à ce qu'ils retombent en une superbe cascade sur ses épaules et dans son dos. Rosalie avait fait une tresse de chaque côté de sa tête et les avait attachées ensemble derrière la tête avec une barrette argentée, ce qui faisait une sorte de courronne. Nessie portait une robe bleue azur, sans manches, qui descendait jusqu'au dessus des genoux. Le vêtement était maintenu par une fine ceinture en cuir noir avec une boucle argentée. Enfin, elle était chaussée de petites ballerines argentées.
Dans cette tenue, Renesmée était resplendissante de beauté.
- Renesmée, murmura Edward. Tu es... magnifique.
Bella, Esmé et Jacob acquiescèrent. Nessie rougit légèrement, ce qui ne fit que la rendre encore plus ravissante. Elle descendit les marches en quelques bons et alla rejoindre sa mère, qui l'embrassa sur la joue.
- Tu es incroyablement belle, mon coeur, commenta-t-elle.
- Les loups-garous arrivent, intervint Edward. Ils seront là dans deux minutes.
Renesmée sourit, imitée par Jasper et Emmett. Rosalie, elle, grinça des dents. Un instant après, la sonnette de l'entrée retentissait, et je filai ouvrir la porte sur Sam, Embry, Quil, Seth, Leah et tous les autres loups-garous, ainsi que Billy, Quil Ateara l'ancien et enfin, Charlie et Sue.
- Bonjour ! Entrez donc, fis-je avec un sourire en m'écartant pour leur laisser le passage.
Alice fonça vers nous et s'exclama :
- Super ! Tout le monde est là en même temps ! On peut commencer !
- Alice, soupira Esmé, laisse-les au moins entrer !
- Qui a fait la déco ? voulut savoir Charlie. C'est superbe.
- Devine, grimaça Bella.
- Ce n'est pas dur à deviner, rigola Jacob.
Renesmée rit à son tour, et tous les invités se tournèrent vers elle. A leur tour, ils restèrent bouche bée.
- Nessie ! souffla Charlie. Tu es... magnifique !
Je laissai faire les embrassades et tout le blabla et filai dans la cuisine, hors des regards, où je fus rejoint par Esmé. Je lui souris et l'enlaçai.
- ça va être une super fête, dis-je.
Je la lâchai après avoir déposé un baiser sur son frond et cherchai quelque chose à faire. Rien, naturellement. Je ne savais même pas pourquoi j'étais venu dans la cuisine au lieu de rester au salon. Je pris donc la main d'Esmé et retournai dans la pièce principale tout en l'entraînant avec moi.
Dans un coin, Emmett et Jasper discutaient avec Embry, Quil, Paul et Jared. Un peu plus loin, Seth était avec Jacob et Renesmée. Alice parlait avec Leah et Sue, et Charlie avec Billy, Quil l'ancien, et Bella. Plus loin, les autres loups-garous étaient avec Edward (qui parlait avec Sam) et Alice. Quant à Rosalie... appuyée contre le mur, bras croisés, elle regardait les loups-garous avec un air un peu dégoûté. Je filai la rejoindre et lui murmurai :
- Sois sympa, s'il te plait, Rose.
Elle n'eut pas le loisir de répondre car à cet instant, Alice lança :
- Allez, Nessie, ouvre tes cadeaux !
Tout le monde se mit à sourire, et Bella poussa sa fille vers la table basse où s'entassaient plusieurs cadeaux.
- Celui-là, c'est de ma part à moi, indiqua Jacob en désignant un petit boitier en cuir entouré d'un ruban bleu.
Nessie le prit et enleva rapidement le ruban, puis elle ouvrit la boîte. C'était une chaîne en argent, avec un pendentif en bois brun-roux qui représentait un loup en train de bondir.
- Oooh ! fit Nessie, impressionnée. Merci, Jake ! C'est toi qui l'a fait ?
- Hum... oui. J'ai acheté la chaîne, pour le collier, mais j'ai sculpté moi-même le pendentif. C'est Billy qui m'a appris, ajouta-t-il en adressant un clin d'oeil à son père. J'en avais fait un à Bella.
L'intéressée leva le poignet et tout le monde put voir son bracelet auquel était accroché un loup ressemblant beaucoup à celui de Nessie. Jacob mit le collier autour du cou de cette dernière, puis Edward mit un paquet emballé de papier bleu avec des étoiles argentées dans les mains de sa fille.
- De la part de ta mère et moi, précisa-t-il.
Nessie continua à ouvrir ses paquets. A chaque fois elle était ravie. Ses parents lui avaient offert un CD avec un mélange de plusieurs oeuvres françaises musicales, telles que "Les quatres saisons" de Vivaldi, ou d'autres morceaux de Mozart (Renesmée adore la musique classique... elle aime beaucoup écouter Edward et Rosalie jouer du piano.) Alice et Rosalie lui avait offert une panoplie de quatre ou cinq robes, toutes bleues et magnifiques, mais toutefois assez simples pour être portées tous les jours. De la part d'Emmett et Jasper, elle avait eu un I-Pode tout neuf (bleu, comme par hasard...) sur lequel ils avaient déjà mis je-ne-sais-combien de chansons diverses, de tous les styes de musique, du rock à la musique classique en passant par le jazz. De la part de Quil l'ancien, Billy et la meute de loups-garous, elle avait eu un grand cadre dont le bois était peint en un marron rappelant la couleur des arbres et verni. C'était une magnifique peinture représentant une clairière magnifique, en pleine forêt, avec un aspect sauvage donné par les fleurs multicolores qui entouraient l'endroit. Au centre, dans un rayon de soleil, se trouvaient un énorme loup brun-roux, que j'identifiai comme Jacob, et deux vampires qui brillaient de mille feux : Edward et Bella...
C'était une oeuvre magnifique, reproduisant la réalité avec une perfection digne des plus grands artistes.
- Qui... qui est-ce qui... l'a... peint ? balbutia Renesmée après être restée silencieuse une bonne minute entière, béant d'admiration.
- Moi, admit modestement Quil l'ancien. Mais après, tout le monde a mis un petit coup de pinceau pour ajouter sa touche personnelle. Ca te plait ?
- Bien sûr ! C'est incroyablement beau ! Merci mille fois !
- Il y a un truc qui m'étonne, marmotta Charlie, l'air perplexe.
Je sentis Edward se raidir. Il savait certainement ce qui décontenançait Charlie.
- Et c'est ? m'enquis-je.
- Pour Jacob, je comprends qu'il ait été représenté en loup, puisque c'est un loup-garou, mais pourquoi avoir peint Edward et Bella en les faisant briller comme si leur peau était composée de diamants ?
Il y eut un silence gêné durant lequel personne ne dit un mot. Tout le monde dans la pièce savait pourquoi : nous étions des vampires. Seul Charlie n'était pas au courant. Au bout d'un moment, Billy tenta quelque chose pour sauver la situation :
- C'est parce qu'ils sont au soleil. Quand on les fait briller comme ça sur une peinture, ils paraissent plus beaux... resplendissants, quoi.
- Hum... fit un Charlie sceptique.
- Euh, hum... bon, Nessie, tu ouvres ton dernier cadeau ? m'empressai-je maladroitement de lancer. C'est de moi et Esmé.
- Pardon ? marmotta Renesmée, qui pensait visiblement à autre chose.
- Ce que tu peux être distraite, Ness, soupira Charlie. Ton grand-père te propose d'ouv...
- Ne m'appelez pas grand-père ! coupai-je, faussement irrité. Je ne suis pas si vieux, non ?
- Et moi, alors ? riposta-t-il. Elle m'apelle pépé, alors que vous, c'est Carlisle !
Je ne pus réprimer un rire, et je fus imité par quelques autres personnes. Renesmée vit alors le dernier cadeau sur la table et s'en empara pour l'ouvrir. Elle eut vite fait de déchirer le papier doré et trouva, à l'intérieur un grand coffret en bois, artistiquement peint. Lorsqu'elle l'ouvrit, tout le monde put voir la collection de crayons, pinceaux, peintures, pastels, feuilles de papiers, bref, tout le matériel d'un artiste. Renesmée adorait dessiner et peindre. Elle avait un talent surprenant pour son âge dans cet art.
- Super ! s'exclama-t-elle, ravie. Merci, Carlisle, merci Esmé !!
- Content que ça te plaise, dis-je en souriant. Tu vas pouvoir nous faire des oeuvres d'art magnifiques, comme toujours.
- Que nous accrocherons aux murs, ajouta Esmé.
- Et j'espère que nous en aurons aussi, déclara Charlie.
- Idem pour moi, renchérit Jacob.
- OK, OK ! coupa Renesmée en riant. J'ai du boulot, en fait !
Elle entama la discussion avec Jack, mais je n'écoutai pas plus que Esmé, Bella et mes cinq enfants. Je m'étais en effet aperçu qu'Alice avait les yeux dans le vide, et s'était figée. Elle avait une de ses visions prémonitoires. A côté d'elle, Edward se raidissait en lisant dans le cerveau de sa soeur ce qu'elle voyait. Je m'approchai d'elle et la prit par les épaules.
- Alice, murmurai-je tout bas pour qu'aucune oreille humaine n'entende. Que vois-tu ?
- Deux secondes passèrent, puis elle retrouva une expression normale et croisa mon regard.
- Rien de grave, assura-t-elle en se détendant. On en parlera plus tard.
- Alice, que... commençai-je.
- Plus tard, m'interrompit-elle.
Et, se dégageant de mes mains, elle partit rejoindre Nessie et les autres à l'autre bout de la pièce, aussitôt suivie par Jasper. Emmett haussa les épaules et partit à sa suite en entraînant Rosalie avec elle. Je croisai le regard d'Edward.
Edward ! Qu'a-t-elle vu ? Dis-le moi, s'il te plait.
A ma grande surprise, il se déroba en prenant la main de Bella et s'éloigna.
- On en parlera tout à l'heure. Il n'y a rien de quoi s'inquiéter, affirma-t-il.
Je fronçai les sourcils et me tournai vers Esmé.
- J'ai hâte de savoir ce qu'il se passe. S'ils disent qu'on ne doit pas s'inquiéter, ça va, mais je ne suis pas rassuré pour autant...
- Laisse tomber, me conseilla ma femme en mettant un bras autour de ma taille et en caressant ma joue de l'autre main. Contente-toi de profiter de la fête. On verra ça après.
Je soupirai. Elle avait raison.
L'après-midi traîna en longueur. Vers seize heures, tout le monde s'attabla autour de, l'énorme gateau et les loups-garous en mangèrent les trois-quarts à eux seuls. Chaque vampire n'en prit qu'une petite part : la nourriture humaine était tellement écoeurante pour nous ! Cette chose gluante et sans goût descendant lentement le long de mon oesophage... beuârk. J'avais du mal à retenir une grimace de dégoût, et visiblement, il en était de même pour les autres. Heureusement, les humains et loups-garous apprécièrent grandement le gateau. Renesmée également. Le fait qu'elle soit à moitié humaine lui permettait d'apprécier la nourriture des humains, bien qu'elle se nourrisse davantage de sang animal.
Enfin, dans les environs de dix-huit heure, tout le monde partit : Charlie chez lui, en compagnie de Sue - qui vivait désormais avec lui - et les loups-garous, Billy et Quil l'ancien à la Push. Lorsque la porte se fut refermée sur le dernier invité, nous nous précipitâmes tous sur Alice.
- Alors ? Qu'est-ce que tu as vu ? m'empressai-je de demander.
- Relax, soupira-t-elle. Je vous avais dit qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.
- De quoi s'agit-il, alors ? m'enquis-je.